C'est la fin de l'été. Le soleil est parti, nul ne sait pour combien de temps. Que devient la fleur quand elle se fane?
Ses pétales brulés par les éléments tombent en lambeaux. Son éphémère beauté retrouve l'éther, et il ne reste plus que le coeur, un coeur qui grandit, grossit, devient difforme puis éclate. De ce
coeur dévasté tombe une graine.
La graine, honteuse, s'enfouit pour l'hiver. Elle reste ainsi, des semaines, des mois, (des années?), prostrée. Elle est complétement isolée. Elle se souvient de la mort de la fleur. dans sa
petite coque solide, elle survit. Dehors, tout se dégrade. Elle reste scrupulesement fermée.
un jour, la graine a une étrange sensation. Il se passe quelque chose, là dehors... elle se pelotonne, se bouche les oreilles, renforce sa coquille. Une étrange sensation la taraude. Lasse, elle
entrouve sa coque, pousse un petit germe pour voir.
Dehors, la lumière est plus vive, l'air plus chaud. la graine allonge le cou. Elle se sent bien. Elle laisse la brise la carresser. Au loin, une lumière éclatante.
C'est ma dernière danse.
Tout ça, c'est terminé. Cela fait parti du passé. Qu'il est bon de se quitter paisiblement.
J'étais une danseuse, c'était mon oxygène, c'était mon morceau de chocolat, c'était mon doudou.
C'est derrière moi aujourd'hui. La danseuse est morte... Je viens lui faire un dernier adieu.Un dernier tour de piste, l'occasion de faire mon deuil.
Comme il est doux de donner un dernier baiser à l'être que l'on a tant aimé, et de le quitter en paix.
Les premiers pas sont maladroits. Les gestes si familiers, si longtemps abandonnés, se laissent doucement apprivoiser. J'embrasse une derniere fois le mandala...
Le deuil est fait. Je n'attends plus rien. Plus rien à espérer, plus rien à réaliser. L'étreinte est douce car elle ne demande rien. Juste un dernier geste tendre, pour apaiser et
délivrer.
La danse est là. elle trouve le chemin de mon coeur. Doucement, elle s'y love. Elle détache les verrous, l'un après l'autre. Ensemble, nous regardons dedans. Ensemble, nous laissons s'envoler
tout ce qui n'a rien à y faire.
Ce qui y a été mis a mon insu n'a rien à y faire, cela en sort.
Ce qui y a été mis de force n'a rien à y faire, cela en sort.
Ce qui y a été mis de superflu n'a rien à y faire, cela en sort.
La danse parle, la danse chante. La porte n'était pas fermée, il suffisait de tourner la poignée. Le mur n'existe que parce que je me retranche derrière. Les démons m'ont dévorés encore et encore
parce que je le voulais. Il m'a été donné ce que j'ai accueilli. Je pardonne à mes souffrances. Je remercie mes bienfaiteurs.
C'était ma première danse...
Il y a quelques semaines, j'ai trouvé, tapis dans un coin, un tout petit être apeuré.Il était traumatisé. Plein de cicatrices, d'abcès. Complétement effrayé par toute chose. Son quotidien était
la peur qu'on le débusque et qu'on le blesse. Alors il vivait terré, utilisant de multiples artifices méticuleusement mis en place pour se protéger. La zone autour de lui était piégée, minée. Il
était passé également maître dans l'art de l'épouvante, générant la terreur à quiconque aurait pu s'approcher de lui.
Lors de notre rencontre, nous nous sommes reconnus. Il m'a laissé l'apprivoiser. Je lui ai offert une bulle de temps, d'espace et d'amour, un refuge protégé de tout et de tous. J'ai percé les
abcès, vidé le pus. J'ai écouté les récits de ses cicatrices.
La convalescence fut longue, mais il est aujourd'hui guérit. Certaines cicatrices sont encore visibles, mais il ne se cache plus et ne vis plus dans la terreur. Je crois même qu'il souhaite
maintenant retrouver ses semblables!
vous avez dit