Ce soir c'est la fête, concert au village!
Je vais retrouver plusieurs amis, passer du bon temps. Ils m'ont tous dit qu'ils viendraient. Je vais rompre avec des mois de solitude, je vais passer un bon moment avec des personnes
sympathiques.
Je me prépare. Je prends mon temps, traîne dans la salle de bain, choisis soigneusement ma tenue. La soirée va être belle, agréable...
Je me rends sur place. a quelques metres, sur le parking, je reconnais plusieurs voitures.
Ils sont tous là, et même beaucoup d'autres, au restaurant. Ils dînent. Depuis la rue, j'entends les rires. Je souris. La soirée s'annonce bien.
Je suis sur la place pour le concert. Je m'intalle tranquillement, commande une bière en les attendant.
Beaucoup plus tard.
Le concert se termine, la place se vide. Je suis seule.
Les autres doivent s'attarder au restaurant;
Je pars à leur rencontre.
Les voitures ne sont plus sur le parking.
Le restaurant est vide.
Ils sont partis;
Je suis seule.
Bonsoir, petite marionnette.
C'était ta dernière représentation.N'ais pas peur, détends toi.
Tu n'es plus sous les feux des projecteurs, agissant pour amuser les spectateurs.
Tu n'es plus contrainte de suivre le scénario.
Tu n'es plus mue par le manipulateur.
Tu n'es plus assujétie à tous ces liens qui régissaient tes mouvements.
Regarde cette jolie boîte.
Elle est pour toi. Dedans, tu seras bien installée, bien protégée.
Il y a même une fenêtre, à ton tour d'observer.
Le spectacle est terminé, bienvenue dans la réalité!
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C'est mon sac.
Je l'emmène partout.
Je ne peux pas faire autrement, je me sentirais nue sans lui.
Des fois, il me pèse un peu, mais je ne peux pas l'abandonner.
J'ai pleins de choses dedans, des choses dont j'ai besoin.
J'ai pleins de choses dedans. Quelles choses? Des fois, je ne me souviens plus très bien.
C'est mon sac.
Je l'ai bien rempli.
A chaque fois qu'on m'a donné quelque chose d'important, je l'ai mis dedans.
A chaque fois qu'on m'a donné quelque chose dont je ne savait quoi faire, je l'ai mis dedans.
A chaque fois qu'on m'a donné quelque chose dont je ne voulais pas, je l'ai mis dedans.
C'est mon sac.
Il est trop lourd.
C'est mon sac.
Aujourd'hui je l'ouvre.
C'est mon sac.
Qu'il y a t-il dedans?
C'était mon sac.
Maintenant je voyagerais plus leger.
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C'est la fin de l'été. Le soleil est parti, nul ne sait pour combien de temps. Que devient la fleur quand elle se fane?
Ses pétales brulés par les éléments tombent en lambeaux. Son éphémère beauté retrouve l'éther, et il ne reste plus que le coeur, un coeur qui grandit, grossit, devient difforme puis éclate. De ce
coeur dévasté tombe une graine.
La graine, honteuse, s'enfouit pour l'hiver. Elle reste ainsi, des semaines, des mois, (des années?), prostrée. Elle est complétement isolée. Elle se souvient de la mort de la fleur. dans sa
petite coque solide, elle survit. Dehors, tout se dégrade. Elle reste scrupulesement fermée.
un jour, la graine a une étrange sensation. Il se passe quelque chose, là dehors... elle se pelotonne, se bouche les oreilles, renforce sa coquille. Une étrange sensation la taraude. Lasse, elle
entrouve sa coque, pousse un petit germe pour voir.
Dehors, la lumière est plus vive, l'air plus chaud. la graine allonge le cou. Elle se sent bien. Elle laisse la brise la carresser. Au loin, une lumière éclatante.
C'est ma dernière danse.
Tout ça, c'est terminé. Cela fait parti du passé. Qu'il est bon de se quitter paisiblement.
J'étais une danseuse, c'était mon oxygène, c'était mon morceau de chocolat, c'était mon doudou.
C'est derrière moi aujourd'hui. La danseuse est morte... Je viens lui faire un dernier adieu.Un dernier tour de piste, l'occasion de faire mon deuil.
Comme il est doux de donner un dernier baiser à l'être que l'on a tant aimé, et de le quitter en paix.
Les premiers pas sont maladroits. Les gestes si familiers, si longtemps abandonnés, se laissent doucement apprivoiser. J'embrasse une derniere fois le mandala...
Le deuil est fait. Je n'attends plus rien. Plus rien à espérer, plus rien à réaliser. L'étreinte est douce car elle ne demande rien. Juste un dernier geste tendre, pour apaiser et
délivrer.
La danse est là. elle trouve le chemin de mon coeur. Doucement, elle s'y love. Elle détache les verrous, l'un après l'autre. Ensemble, nous regardons dedans. Ensemble, nous laissons s'envoler
tout ce qui n'a rien à y faire.
Ce qui y a été mis a mon insu n'a rien à y faire, cela en sort.
Ce qui y a été mis de force n'a rien à y faire, cela en sort.
Ce qui y a été mis de superflu n'a rien à y faire, cela en sort.
La danse parle, la danse chante. La porte n'était pas fermée, il suffisait de tourner la poignée. Le mur n'existe que parce que je me retranche derrière. Les démons m'ont dévorés encore et encore
parce que je le voulais. Il m'a été donné ce que j'ai accueilli. Je pardonne à mes souffrances. Je remercie mes bienfaiteurs.
C'était ma première danse...
Il y a quelques semaines, j'ai trouvé, tapis dans un coin, un tout petit être apeuré.Il était traumatisé. Plein de cicatrices, d'abcès. Complétement effrayé par toute chose. Son quotidien était
la peur qu'on le débusque et qu'on le blesse. Alors il vivait terré, utilisant de multiples artifices méticuleusement mis en place pour se protéger. La zone autour de lui était piégée, minée. Il
était passé également maître dans l'art de l'épouvante, générant la terreur à quiconque aurait pu s'approcher de lui.
Lors de notre rencontre, nous nous sommes reconnus. Il m'a laissé l'apprivoiser. Je lui ai offert une bulle de temps, d'espace et d'amour, un refuge protégé de tout et de tous. J'ai percé les
abcès, vidé le pus. J'ai écouté les récits de ses cicatrices.
La convalescence fut longue, mais il est aujourd'hui guérit. Certaines cicatrices sont encore visibles, mais il ne se cache plus et ne vis plus dans la terreur. Je crois même qu'il souhaite
maintenant retrouver ses semblables!
Ce soir c'est la fête au village. Un mauvais chanteur de bal s'échine a massacrer "piensa en mi". Je viens de
passer la journée à arpenter une aire d'autoroute, interrogeant les vacanciers pour gagner un peu d'argent afin de limiter mes dettes.
Et je suis, ce soir, revenue dans ma tour d'ivoire. Les volets et les fenêtres sont closes sur mon désespoir. Je n'ai pourtant pas besoin de les verrouiller, personne ne vient jamais frapper. La
solitude n'est pas une illusion, c'est la réalité. C'est l'amitié et l'amour qui ne sont que phénomènes éphémères, fantasmagoriques.
Je rêve de l'Autre de la chanson, de compassion...
vous avez dit