Samedi 27 juin 2009
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23:59
Ce soir c'est la fête, concert au village!
Je vais retrouver plusieurs amis, passer du bon temps. Ils m'ont tous dit qu'ils viendraient. Je vais rompre avec des mois de solitude, je vais passer un bon moment avec des personnes
sympathiques.
Je me prépare. Je prends mon temps, traîne dans la salle de bain, choisis soigneusement ma tenue. La soirée va être belle, agréable...
Je me rends sur place. a quelques metres, sur le parking, je reconnais plusieurs voitures.
Ils sont tous là, et même beaucoup d'autres, au restaurant. Ils dînent. Depuis la rue, j'entends les rires. Je souris. La soirée s'annonce bien.
Je suis sur la place pour le concert. Je m'intalle tranquillement, commande une bière en les attendant.
Beaucoup plus tard.
Le concert se termine, la place se vide. Je suis seule.
Les autres doivent s'attarder au restaurant;
Je pars à leur rencontre.
Les voitures ne sont plus sur le parking.
Le restaurant est vide.
Ils sont partis;
Je suis seule.
Vendredi 17 avril 2009
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00:04
C'est la fin de l'été. Le soleil est parti, nul ne sait pour combien de temps. Que devient la fleur quand elle se fane?
Ses pétales brulés par les éléments tombent en lambeaux. Son éphémère beauté retrouve l'éther, et il ne reste plus que le coeur, un coeur qui grandit, grossit, devient difforme puis éclate. De ce
coeur dévasté tombe une graine.
La graine, honteuse, s'enfouit pour l'hiver. Elle reste ainsi, des semaines, des mois, (des années?), prostrée. Elle est complétement isolée. Elle se souvient de la mort de la fleur. dans sa
petite coque solide, elle survit. Dehors, tout se dégrade. Elle reste scrupulesement fermée.
un jour, la graine a une étrange sensation. Il se passe quelque chose, là dehors... elle se pelotonne, se bouche les oreilles, renforce sa coquille. Une étrange sensation la taraude. Lasse, elle
entrouve sa coque, pousse un petit germe pour voir.
Dehors, la lumière est plus vive, l'air plus chaud. la graine allonge le cou. Elle se sent bien. Elle laisse la brise la carresser. Au loin, une lumière éclatante.
Dimanche 10 août 2008
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18:40
Il y a quelques semaines, j'ai trouvé, tapis dans un coin, un tout petit être apeuré.Il était traumatisé. Plein de cicatrices, d'abcès. Complétement effrayé par toute chose. Son quotidien était
la peur qu'on le débusque et qu'on le blesse. Alors il vivait terré, utilisant de multiples artifices méticuleusement mis en place pour se protéger. La zone autour de lui était piégée, minée. Il
était passé également maître dans l'art de l'épouvante, générant la terreur à quiconque aurait pu s'approcher de lui.
Lors de notre rencontre, nous nous sommes reconnus. Il m'a laissé l'apprivoiser. Je lui ai offert une bulle de temps, d'espace et d'amour, un refuge protégé de tout et de tous. J'ai percé les
abcès, vidé le pus. J'ai écouté les récits de ses cicatrices.
La convalescence fut longue, mais il est aujourd'hui guérit. Certaines cicatrices sont encore visibles, mais il ne se cache plus et ne vis plus dans la terreur. Je crois même qu'il souhaite
maintenant retrouver ses semblables!
Samedi 26 juillet 2008
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19:47
Ce soir c'est la fête au village. Un mauvais chanteur de bal s'échine a massacrer "piensa en mi". Je viens de
passer la journée à arpenter une aire d'autoroute, interrogeant les vacanciers pour gagner un peu d'argent afin de limiter mes dettes.
Et je suis, ce soir, revenue dans ma tour d'ivoire. Les volets et les fenêtres sont closes sur mon désespoir. Je n'ai pourtant pas besoin de les verrouiller, personne ne vient jamais frapper. La
solitude n'est pas une illusion, c'est la réalité. C'est l'amitié et l'amour qui ne sont que phénomènes éphémères, fantasmagoriques.
Je rêve de l'Autre de la chanson, de compassion...
Jeudi 12 juin 2008
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12:47
Voici de nombreuses années que j'ai pris la mer. Mon joli paquebot arborait fièrement l'étendard de la liberté. Refusant un monde convenu qui ne correspondait pas à mes aspirations,
que je sentais en décalage avec mon éthique, j'ai vogué loin des routes ordinaires, refusant toute concession. Il est temps aujourd'hui de faire le bilan de ce long voyage. Qu'en est-il de cette
quête d'une ile utopique, où l'on pourrait être libre de toute souffrance, où ce que l'on est serait plus important que ce que l'on a, où l'on pourrait agir en suivant son coeur plutôt qu'en
suivant des codes sociaux aliénants ?
J'ai fait escale dans de nombreux ports qui semblaient s'approcher de cet idéal. A chaque fois, mon navire s'est fragilisé, et j'ai du reprendre la mer, un peu plus désillusionnée,
beaucoup plus délabrée, mais toujours certaine que ce mouillage n'était pas celui que je recherchais.
Aujourd'hui, mon vaisseau n'est plus qu'un fragile radeau, menaçant de couler à chaque clapotis. Je n'aspire plus a aucune escale. Je reste résignée, ne recherchant plus rien
d'extérieur ou de lointain. La seule raison qui me retient de saborder ce dernier esquif est qu'au fil des escales, j'ai embarquée une passagère qui a aujourd'hui 8 ans, et que je ne veux pas la
condamner à couler avec moi. Je dois trouver un dernier débarquadère pour elle, et je pourrais enfin entreprendre mon dernier voyage, celui qui me conduira à rejoindre le sein des flots, loin de
toute agitation.
Dimanche 4 mai 2008
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09:32
La vie des insectes est fascinante.
Pour passer d'une vie a une autre, leur corps passe par de fascinantes transformations. Le moment venu, l'insecte se
fabrique un cocon - ou tout autre support protecteur - pour pouvoir procéder sereinement à sa transformation. Souvent, il changera radicalement de milieu. Ainsi, certains passent leur première
vie vie dans la vase, la suivante dans l'eau, et à la troisième ils s'envolent gracieusement.
Actuellement, je suis dans une de ces périodes de transition. Je me dé-secte. Mon étroit cocon me préserve pendant
que ma chair et mon coeur, mis a vif, se créént une nouvelle enveloppe. Plus tendre, plus légère...Plus fragile. Et pendant le temps que dure cette mutation, loin du monde, loin du danger, mon
esprit ne s'est pas évanoui. Le corps déposé a l'abri, mon ame teste son nouveau fonctionnement dans un monde virtuel.
Mon coeur broyé se cicatrise dans le paradis d'Azeroth. Je peux mettre mes qualités et talents au service de chacun, il suffit de demander pour que quelqu'un m'apporte son aide. Les
différences sont sources de richesse, et les faiblesses permettent aux autres joueurs de mettre en oeuvre leurs propres forces pour le bien être du groupe. Je ne sais pas de combien de temps
encore j'aurais besoin avant d'être libérée des peurs et des névroses qui m'handicapent. Mais chaque jour, je reprends confiance en l'humanité. Je découvre avec stupeur que le monde ne se limite
pas à la vase, que la jungle dans laquelle j'ai péniblement survécu jusqu'a aujourd'hui n'est pas la réalité universelle.
Mardi 11 mars 2008
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12:15
" Je suis ton ami"
Un jour, alors que je criais ma souffrance, un Lama m' a dit cette phrase. Cela venait du fond de son coeur. Pourtant,
une réponse est montée en moi. Je l' ai conservée dans mon petit carnet secret. Je vous l'offre aujourd'hui.
Non, tu n'es pas mon ami. Quand on dissoud les ennemis, se dissolvent simultanément les amis. Ni amis, ni ennemis, il ne reste qu'une grande solitude.
Cette solitude est la réalité du voyageur, seul sur le chemin qui
est le sien. Au fil des auberges, des rencontres se produisent, des liens peuvent se créer. Mais au petit matin, le cheminant repars solitaire sur sa route.
vous avez dit